Les temps sont hautement festifs et les barres des lieux libertins fiévreusement animées de shows de pole dance amateurs...

Il y a quelques temps, dans un club, deux femmes dansaient et se caressaient à une barre et, près de moi, une troisième qui les regardait avait dit d'un ton assassin : "Elles ne mouillent même pas." Cette remarque m'avait interpellée, et j'ai depuis souvent observé des femmes à la barre et réfléchi à ce que j'y faisais moi-même. Non, autant que je puisse le constater, généralement, on ne mouille pas. Ce qui se joue est tout à fait d'un autre ordre, surtout au début.

Le plaisir qu'on peut éprouver à mettre son corps en valeur à une barre n'a souvent pas grand chose de sexuel. En tous cas pas directement de ce type d'interactions sexuelles liées à la pénétration. On ne mouille pas. La barre est phallique, mais elle est surtout un moyen de se rassurer par un contact concret. Il est d'ailleurs rare que les femmes lâchent la barre, même si le podium est large. 

Et dans cette institution du pole dance coquin qu'est le bar le Melrose au Cap d'Agde, les nombreuses barres réparties dans l'établissement sont toujours très fréquentées, mais les attouchements sexuels y sont farouchement interdits et cela est régulièrement rappelé par haut parleur. On est dans l'exhib, dans la consommation mentale uniquement.  

Pourquoi alors? Et pourquoi seulement les femmes?

Ce que voulait certainement dire Miss "Elles ne mouillent même pas", c'était à la fois "Elles font semblant d'être excitées" et "Je ne serais pas capable de faire cela". On est là au coeur de cette tension entre négation et liberté. Si elles font semblant, c'est qu'elles ne le font pas pour elles. Mais alors pourquoi? Pour qui? Pour exciter leur homme? Qui les y oblige d'une façon ou d'une autre? Mais si elles en sont capables, c'est qu'elles ont fait un gros travail de conquête sur la représentation de leur corps. 

Certes, ce sont essentiellement les femmes qui occupent les barres. Est-ce que pour autant la théorie de la domination masculine mise en avant par Daniel Welzer-Lang pourrait trouver à s'appliquer ici? Les femmes ne seraient-elles que des objets d'échange et, dans cette perspective, les barres ne leur seraient-elles réservées en tant qu'objet décoratif complémentaire au décor, voire élément de stimulation de la population virile alentour sous le contrôle de leur mâle attitré? Difficile à soutenir, dans la mesure où un show amateur à la barre ne débouche jamais, autant que j'aie pu le constater, sur un acte sexuel incité par ledit mâle attitré. Là encore, pas de lien entre barre et sexe, contrairement à ce qui peut se pratiquer sur la piste de danse où une méthode de drague de certains couples est le contact lascif initié par Madame ou carrément par Mesdames. Et même, comme l'a fait remarquer JC lorsque nous avons parlé de cet article, pour certaines femmes, la barre est une façon d'échapper à l'emprise de leur homme, parce qu'elle sont là dans un espace distinct du sien, dans un espace propre, qu'elles construisent au gré de leur fantaisie et du champ visuel qu'elles choisissent, qu'elles maîtrisent sans qu'aucune pression ne puisse venir les atteindre lorsque leur regard ne porte pas au delà du podium - ce qui est souvent le cas.

Lorsque j'ai fait mes premiers pas dans le milieu libertin où je me suis si vite sentie bien, j'ai découvert combien on pouvait se réapproprier son corps et sa liberté de mouvements. Monter sur une estrade et se tortiller ou se lover autour de cette barre, être convaincue qu'on peut le faire et être désirable sans risquer de jugement dégradant ni de comportement contraignant ou violent, c'est une expérience très libératrice. D'ailleurs les gogos qui se produisent dans des établissements libertins aussi bien que non libertins le savent bien. Dans les établissements classiques, il est impératif de s'assurer qu'un videur reste constamment au pied de l'estrade, prêt à intervenir, et les risques sont réels même en étant protégée. Dans les établissements libertins au contraire, il n'y a pas de protection et jamais de soucis non plus. 

Les amatrices de pole dance coquin le font souvent pour les yeux de celui qu'elles aiment, mais pas forcément. C'est plus rassurant de le faire pour quelqu'un. Au début en tous cas.

Et pourquoi pas les hommes?  

Je sais pas expérience que les hommes sont souvent réticents à le faire et se lâchent incroyablement quand ils arrivent à être convaincus que ça nous fait plaisir, qu'ils le fassent pour nous, nous séduire, nous exciter, nous amuser... Et il m'est arrivé plus d'une fois d'inciter des amis ou des maris d'amies avec leur complicité à elles. Quand ils comprennent que ce jeu qu'on leur propose est un plaisir pour nous, ils se lâchent.

Pour que les hommes arrivent à se lâcher en le faisant, il faut qu'ils arrivent à sortir de leur statut de macho qui ne doit pas s'exprimer par son corps. S'ils arrivent à troquer la chemise informe et la coupe de cheveux coordonnée pour une chemise ou un tee-shirt un peu moulant et une coupe de cheveux travaillée, ils sont déjà à mi-chemin. S'ils se lâchent en étant capables de danser seuls sur la piste, ils ne sont pas loin.

C'est d'ailleurs une question que nous avions plusieurs fois abordée avec JC et il savait que je serais ravie qu'il me fasse un show. Et je n'ai pas été déçue! Voilà que ça l'a pris un soir... au Glamour au Cap! Ce n'est pourtant pas un endroit très réputé pour les shows d'hommes et la densité de population n'est pas propice à faire tomber la timidité! Et bien il s'est amusé à danser comme cela et j'en ai été enchantée.

Et oui, le goût du jeu et celui de la liberté sont communicatifs... 

 

   

 

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